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ESPOIR ECHAPPEMENT 2009 : MATHIEU ARZENO |
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Mathieu Arzeno... |
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Photos : C. Chiquello
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Kartman et pistard aguerri, Mathieu a réorienté sa trajectoire vers le rallye en 2009, démontrant une pointe de vitesse et un potentiel certains. A 22 ans, ses espoirs de carrière en rallye sont bien réels.
Ceux qui pensent que Mathieu Arzeno est arrivé en rallye par hasard ou par opportunisme se trompent. Fils de rallyman (Jacques, son père, a écumé les rallyes et les courses de côte jusqu’en 1994), Mathieu est « tombé dedans » tout petit : « J’ai toujours suivi ça, explique-t-il. De quatre ans jusqu’à dix ans, quand il a arrêté, j’ai accompagné mon père sur les rallyes. C’est un univers familier pour moi et je n’ai pas été dépaysé lorsque j’ai disputé mon premier rallye. »
Pourtant, c’est en circuit que ce natif de Salon-de-Provence a fait ses armes, avec succès. Membre de l’équipe de France de karting, il brille en championnat du monde de Formule A, avant de passer à la monoplace : vice champion de Formule Campus en 2005, meilleur rookie en 2006 et vice champion de Formule Renault en 2007. Cette année-là, il démarre la saison en trombe devant un certain Jules Bianchi, qui sera titré en fin de saison alors que Mathieu devra changer d’écurie en cours de route suite à la défection de sa première structure, Pôle Service, en panne de budget. La fin de saison, chez Epsilon, lui permettra de décrocher deux superbes victoires en Eurocup à Magny-Cours.
Après des essais avec Red Bull en Formule 3 et un test en World Series by Renault, Mathieu ne peut hélas franchir le cap supérieur : « J’avais signé de très bons temps, mais on m’a seulement proposé des prix moindres à la saison, encore trop chers pour moi. » Mathieu rempile en Formule Renault, avec Epsilon, en Eurocup, pour une saison partielle en demi-teinte. « J’ai vite compris qu’il me fallait trouver une porte de sortie. » Un test avec Alpina en GT3, des contacts avec des pilotes du GT, voire pour partir au Japon, ne débouchent sur rien. C’est alors que Mathieu décide de revenir à l’univers qui a bercé son enfance : le rallye. Premier objectif : rien moins que le Monte-Carlo !
« Nous avons acheté la Clio R3 de Gérard Marcon, un ami de mon père. On a préparé la voiture trois semaines avant le rallye. Le but était avant tout d’aller au bout et de se faire plaisir. » Pour seule expérience, Mathieu avait disputé un rallye régional en 2006 avec une Clio S1600 : en tête après trois spéciales, il était sorti de la route. Pour les notes, l’ancien pistard obtient l’aide de Philippe Aragneau, vainqueur du Volant Peugeot en 2005. Les chronos sont rapidement au rendez-vous, au point de signer un étonnant 2e meilleur temps scratch, assorti d’une 12e place au général…
Suivent deux rallyes régionaux et la participation au Trophée Clio R3, à la Montagne Noire, où il se permet de devancer Eric Mauffrey. Ses performances, hélas, sont souvent freinées par des problèmes mécaniques : direction cassée à la Montagne Noire, problème d’alternateur au Sanremo (2e avant son abandon) ou bonbonne d’amortisseur cassée aux Cévennes entraînant une touchette alors qu’il se mesure à Manu Guigou. « J’ai connu pas mal d’abandons, mais jamais de sorties de route. En performance, on était là. A chaque fois, on se battait pour gagner le groupe. » Puis vint le Var, point d’orgue de la saison dans le cadre du Trophée européen Clio R3. « C’était ma dernière chance de briller avec un plateau international. J’ai crevé dans la première spéciale, mais je me suis relevé les manches en repartant à l’attaque, avec la victoire au bout. »
Alors, Espoir de l’année après une seule année en rallye ? « C’est très gratifiant. J’ai toujours suivi l’élection, avec les Loeb, Panizzi, Delecour, des grans noms du rallye. Je suis vraiment heureux surtout lorsque l’on voit ce qu’ont réalisé tous ces pilotes. Médiatiquement, c’est très important. Même si, aujourd’hui, je ne me sens pas encore rallyman, je commence à me mettre vraiment dedans. En tout cas, pour l’adrénaline, je préfère le rallye » avoue-t-il.
Pour 2010, ses projets sont en train de prendre forme, avec deux options, toujours avec le Monte-Carlo pour point de départ : rouler en S2000 en enchaînant avec une saison complète en championnat de France, ou repartir en Clio R3 avec un double programme Europe-France. « Il y aurait un coup à jouer au Monte-Carlo en S2000, en signant quelques temps significatifs dans un cadre très relevé. » Une chose est sûre, Mathieu ne manque pas d’ambition. On n’en attend pas moins de lui !
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